Déforestation au Mali : quelles solutions ?

Le Mali est un pays à 2/3 couvert par le Sahara. Avec les changements climatiques, la grande exploitation agricole, la surpopulation et les déplacements des populations dus aux conflits, une forte pression est exercée sur les forêts. Ces différentes actions font que la déforestation  prend de plus en plus d’ampleur, surtout au Mali. Selon la Politique Forestière Nationale de 2017, chaque année se sont environ 500 000 hectares de forêt qui disparaissent au Mali.

C’est dans ce contexte que l’ONG Mali-Folkecenter Nyetaa a tenu son Nyetaa Baro pour célébrer la journée mondiale de la lutte contre la désertification. C’était ce mardi 16 juin 2020, à travers une vidéo-conférence, sous le thème : « l’arbre, une ressource à protéger ».

82% de la superficie forestière du Mali a disparu

Si dans les années 1960, le Mali disposait de plus de 4.400 000 hectares de superficies forestières, aujourd’hui il n’en reste que près de 800 000 hectares, soit une perte de plus de 80%. Selon les responsables du système d’information forestier (SIFOR), cela s’explique par le fait que le bois et le charbon occupent 80% des besoins de la population en énergie.

Pour Dr Ibrahim Togola, PCA de Mali-Folkecenter Nyetaa et l’un des conférenciers, les arbres (les forêts) sont des supports à l’environnement et à l’économie. Depuis l’indépendance, les chants cantiques parlent de l’arbre comme un symbole de la participation à la construction du Mali. « BÊKA IKA YIRINI TOUROU, FASO DIÔ TOUMA SERA », cela veut dire littéralement en Bambara « Que chacun plante son arbre, car l’heure de la construction du pays a sonné ».

Selon Cheick Oumar Traoré, responsable de la cellule de gestion du système d’information forestier du Mali, la population malienne doit sa résilience face aux différences crises climatique grâce aux arbres et aux bois. Le bois énergie est une denrée de première nécessité comme : l’huile, le sucre, la farine et autres. « Ce secteur apporte plus de 100 milliard de CFA à l’économie malienne, chaque année », souligne-t-il. Il affirme également que « les deux grands facteurs de déforestation sont l’énergie et l’agriculture ».

Les défis actuels !

Au cours de cette rencontre, plusieurs défis auxquels font face nos forêts ont été soulignés. « Il ne se passe un jour, sans que l’on ne se sert  du bois ou un autre produit de l’arbre », explique Cheick Oumar Traoré.  Pour lui, le défi majeur reste celui de la collecte et la diffusion des informations liées aux forêts.

La diversité des acteurs dans l’exploitation et la gestion forestières pose également un problème, selon Dr Souleymane Diallo, professeur à l’Institut Polytechnique Rural de Katibougou. « Les recherches sur les espèces d’arbres ne sont pas développées dans notre pays, ou ne sont pas appliquées », a-t-il déclaré, avant de dire que « les normes de gestion forestières sont méconnues par les acteurs ».

Quelles sont les solutions ?

Face à cette déforestation galopante au Mali, les solutions sont nombreuses. Il faut aller vers l’application stricte des normes de gestion durable des forêts. Les informations liées à la forêt doivent être disponibles pour tous les acteurs ainsi que pour les populations. Il faut également aller vers la mise en place des forêts destinées aux bois d’œuvre. Du côté de la recherche et de la formation, les écoles comme l’IPR doivent être appuyées pour une formation de qualité. Enfin, les acteurs forestiers doivent être bien identifiés pour aller vers une coopération publique privée dans la gestion durable des forêts.

Cellule de Communication

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